Forum de la Cinémathèque algérienne : la cause palestinienne dans le 7e art au cœur du débat

Dans le cadre du Forum de la Cinémathèque algérienne, une conférence sur le cinéma palestinien ainsi que ses difficultés de production et de promotion, a été organisée, samedi au musée du cinéma, sis rue Larbi Ben M’hidi à Alger, animée par des journalistes et critiques de cinéma.

Cette rencontre a été l’occasion de dresser un état des lieux, de même que des propositions de financement régulier, pouvant renforcer l’engagement pour la cause des palestiniens ont été esquissées. Sous la modération de Salim Aggar, directeur de la Cinémathèque algérienne, le débat a vu la participation des journalistes critiques du cinéma, Fayçal Metaoui et Fayçal Chibani ainsi que du journaliste et critique syrien de cinéma établi en Algérie, Mohammed Abido.
Le Forum de la Cinémathèque algérienne, qui reprend après près de deux ans en raison de la crise sanitaire du Coronavirus, a saisi l’occasion de cette nouvelle conférence pour souligner  l’« impact du cinéma sur la cause palestinienne », établir l’existence d’un « cinéma palestinien avec toute une production qui lui est dédiée », et « connaitre les voies et modalités de financement du cinéma palestinien ». Au cours de son intervention, Mohammed Abido a relevé qu’en plus de la « dimension engagée et purement révolutionnaire des films sortis jusqu’aux années 1970, d’autres productions, sont venues après pour traiter de problématiques purement sociales du peuple palestinien ». De son côté, Fayçal Metaoui a relevé « l’intention, légitime, d’une palestinisation du monde », à travers des films tels que « Wajib » de Anne Marie Jasser, « It Must be Heaven » d’Elia Suleiman, « Dégradé » ou encore « Gaza mon amour » des frères Tarzan, Arab et Nasser. Quant à Fayçal Chibani, il a estimé que les cinéastes étrangers qui ont parlé de la Palestine dans leurs films, au lieu de « montrer le peuple en lutte pour son indépendance », préfèrent se focaliser sur l’aspect de la « victimisation ». Tout en regrettant l’absence de productions palestiniennes en dehors des festivals du cinéma d’Oran, de Carthage ou du Caire et tout en déplorant l’absence de soutien financier direct et régulier de la part de la plupart des Etats arabes au cinéma palestinien, les intervenants ont néanmoins salué le travail de cette nouvelle génération de jeunes cinéastes qui tente de se frayer un chemin et de s’imposer sur la scène internationale « par des conceptions qui suggèrent le conflit avec l’ennemi, à travers une trame qui traite de la vie ordinaire des Hommes dans une fiction, animée par des dialogues conçus dans un langage cinématographique intermédiaire, riche et approprié ». A noter que la tenue de ce forum a été précédée par l’organisation de la Semaine du cinéma palestinien, avec la programmation de plusieurs longs et courts métrages, ainsi que des documentaires sur la cause palestinienne.

Houria A.

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